la pluie au bon moment
Posté le 2 mai 2012
Les pluies importantes du mois d’avril sont les bienvenues et le démarrage de l’osier est très prometteur.
Les pluies importantes du mois d’avril sont les bienvenues et le démarrage de l’osier est très prometteur.
Une fidèle cliente maraîchère et floricultrice en agriculture biologique m’a récemment commandé deux grandes pièces sur arceaux destinées à être portées par un âne. En préambule à ce travail, j’ai fabriqué un nouveau banc à planer avec l’aide des vanniers écossais Catherine Davies et Pascal Carr (Pascal est un grand spécialiste du travail du bois vert, en particulier de l’utilisation du tour à perche). J’ai utilisé ce banc, beaucoup plus polyvalent et robuste que l’ancien, pour façonner les moules et arceaux des paniers à partir de perches de châtaigner d’environ 10 cm de diamètre fendu en quatre au coutre (longueur des pièces: 80 cm, tressées avec du purpurea de 2,20 m).
mise en place du moule plané sur un gabarit fabriqué pour l’occasion. L’ensemble repose sur le banc à planer fabriqué avec l’aide de Pascal Carr.
installation des arceaux dans le début du tressage
Les deux pièces terminées
Two huge frame baskets with window handles made for an organic flowers and vegetables grower, to be carried by a donkey (chestnut wood and purpurea willow). My new shaving horse was made with special help from scottish basketmakers Catherine Davies and Pascal Carr.
France Bleu Périgord rediffuse du 13 au 18 février une interview réalisée à l’atelier en 2010 par la journaliste Bénédicte Bourdial, dans le cadre de son émission l’Omnibus. L’entretien est diffusé sous forme d’extraits tous les jours à 13h50 et dans sa totalité samedi 18 février à 14h10. Bénédicte est par ailleurs la petite fille d’Albert Bourdial, aujourd’hui malheureusement décédé, qui fut une référence pour la technique de vannerie dite du panier périgourdin.
lien vers France Bleu Périgord http://www.bleuperigord.fr
lien podcast émission http://radiofrance-podcast.net/podcast09/rss_10990.xml
Il y a parfois dans la vie des coïncidences frappantes puisqu’il y a quelques jours j’étais à Villaines les Rochers (Indre et Loire), haut lieu de la vannerie Française, où j’ai rencontré Norbert Faure, un des animateurs de la coopérative de vannerie de Villaines, mais aussi David Drew, célèbre vannier anglais aujourd’hui retraité et installé avec sa femme Judy à Villaines, et enfin Alastair Heseltine, vannier et plasticien anglais installé au Canada. Norbert, David et Alastair sont tous les trois venus il y a une trentaine d’années se former à la technique du panier périgourdin auprès d’Albert Bourdial, à quelques kilomètres de mon lieu d’habitation actuel.
L’année 2011 a été très particulière dans notre coin de Périgord, avec un niveau de sécheresse extrême de février à octobre, à peine entrecoupée de quelques faibles épisodes pluvieux en juillet. La récolte d’osier s’en ressent, avec un rendement moindre pour la plupart des osiers; seules les variétés supportant bien la sécheresse sont particulièrement belles.
En vannerie comme en toutes choses, je privilégie la simplicité en coupant les osiers à la main, ce qui reste possible dans mon cas avec une plantation de 1.200 m². J’utilise essentiellement la serpette, plus rapide et moins fatigante que le sécateur (photo Alice Desplanches).
coupe de l’osier, deuxième épisode
Le couple de vanniers écossais Catherine Davies et Pascal Carr, rencontré à Vallabrègues en 2011, s’est installé en Dordogne pour environ six mois. Nous nous sommes retrouvés chez moi il y a quelques jours avec un immense plaisir pour refaire le monde et couper l’osier. Catherine et Pascal, deux personnes vraiment adorables, sont également osiériculteurs, leur plantation se trouve sur l’île de Eigg (océan Atlantique) où ils habitaient avant de s’installer sur le continent.
L’affaire est à suivre puisque Catherine et Pascal participeront en France à plusieurs manifestations (Bouxurulles, Vosges et Issigeac, Dordogne par exemple, voir page des manifestations et des liens) et animeront plusieurs stages de vannerie Écossaise et Irlandaise (à Bouxurulles et au Lycée horticole d’Objat, Corrèze). Avec leur aimable autorisation pour les photos.
coupe manuelle d’un rang de purpurea avec Catherine et Pascal
Catherine s’est fait une immense joie de transporter les bottes d’osier vers l’atelier à l’aide du tracteur
le résultat: production brute d’un rang de 80 m de purpurea: environ 160 Kg d’osier vert de taille maximale 3,00 m
Les petites tailles du même osier (longueurs < 2,20 mètre) classées par longueurs et mises au grenier pour séchage.
J’ai été gentiment invité par Annette et Robert Loussouarn à passer deux jours chez eux en Bretagne au mois d’Octobre pour fabriquer une série de baskodenns, vanneries du Sud-Finistère utilisées dans la pêche traditionnelle de la sardine, et dont Robert est un grand spécialiste.
Ces paniers, comme les creels, les casiers à homards et les coracles en Irlande, ou certaines vanneries galiciennes, s’inscrivent dans la grande lignée des vanneries d’origine Celte qui se fabriquent complètement ou partiellement à l’envers, montant vers le bas, ces montants étant piqués dans un gabarit spécial ou même directement dans le sol. Malgré un aspect apparemment simple, ils renferment une infinité de trucs et difficultés de fabrication, et surtout beaucoup d’énergie étant donné le calibre important des brins.
Robert débutant la réalisation d’un baskodenn sur le gabarit fabriqué par son grand-père en 1920.
Deuxième étape du tressage effectué classiquement sur la sellette
La pièce terminée
Fabrication de l’anse d’un baskodenn en osier blanc et brut. Malgré son grand âge, Robert développe une énergie incroyable lorsqu’il est au travail.
Sklissen à maquereaux réalisé sur le même principe
La vannière américaine Katherine Lewis était en Europe cet été, elle participait en particulier à un concours international de vannerie fin août en Pologne. De nombreuses photos de son périples sont visibles sur sa page facebook. Je l’ai rencontrée pendant la fête de la vannerie de Vallabrègues (Gard); elle m’a ensuite fait le plaisir de passer quelques jours à la maison et à l’atelier pour des moments de partage très agréables. Katherine est vannière et cultive de l’osier dans la région de Seattle avec son mari Steve qui est aussi producteur de légumes biologiques.
Avec Katherine Lewis sur mon stand à Vallabrègues (photo Serge Mazaud)
Katherine au travail lors d’une fête des plantes où elle m’accompagnait
séquence de fabrication d’une corbeille sur arceaux à l’atelier
Quelques jours après la fête de la vannerie d’Issigeac (Dordogne) au mois de juillet, Annette et Robert Loussouarn m’ont rendu visite. L’occasion en particulier de préparer une prochaine séance de travail en Bretagne autour de la réalisation des baskodenns. J’ai une immense admiration pour Robert, aujourd’hui retraité, qui aura pendant sa longue carrière produit des dizaines de milliers de vanneries destinées principalement à l’industrie de la pêche ou à l’agriculture, et continue à travailler et parler de son expérience avec enthousiasme.
Robert fendant un brin afin de vérifier le calibre et la qualité d’osier destiné à la fabrication commune de baskodenns.
Tout le village s’y est mis: organisation, intendance, accueil des exposants et des stagiaires, jusqu’au magnifique point d’orgue du Saul Paradise Music, spectacle de rue génial en orbite autour du thème du saule. Il a été écrit, mis en scène, interprété, chanté, joué par les habitants du village, et largement accessoirisé à base d’osier.
Il a flotté dans l’air, jusqu’à la clôture de cette semaine mémorable autour des structures d’osier tressées collectivement, une énergie très particulière que tout le monde, villageois, visiteurs, exposants, ont pu ressentir.
Valérie Testu (valda grandifolia) et Lore Wild (mikado potatoe): clôture du festival
Les exposants du marché vannier de Bouxurulles, de gauche à droite Pascal Charrondière, Klaus Seyfang, Valérie Testu, Philippe Guérinel, Lore Wild, Dorette Haufler, François Desplanches, Régis Colin
Une scène du saul paradise music, spectacle créé, et joué par les habitants de Bouxurulles, maintenant en tournée mondiale
une vue du stand de Klaus Seyfang autour du lavoir du village
Les (excellents) participants au stage vannerie écaffée avec leur travail. Il manque Jeannot, maire du village, et acteur du spectacle qui se donnait immédiatement après le stage (avec leurs aimables autorisations pour la photo)
Le lycée horticole de Brive Objat participait début mai au festival des jardins de Cervia en Italie (cote Adriatique Nord, région de Ravenne). Une équipe d’élèves dirigée par Serge Mazaud et Béatrice Masson, enseignants au lycée, est partie quelques jours réaliser un jardin d’osier pour lequel j’avais fourni un nichoir géant.



Un stage de vannerie ayant été annulé, j’ai disposé il y a quelques jours d’une importante quantité d’osier brut (je préfère l’appellation “osier naturel”) à transformer rapidement. La spécificité de ce type d’osier est en effet qu’il ne peut pas subir plusieurs cycles de séchage-trempage, il faut donc adapter ses préparations à ses besoins et son rythme de travail, ce qui n’est pas toujours facile.
Certains points de travail, différentes torches à brins multiples, sont grands consommateurs de brins et permettent d’obtenir des effets de texture intéressants.