Le panier en osier et les oeufs frais de la fermière

Posté le 11 octobre 2016

Non, les paniers en osier ne sont pas que des objets qu’un candidat à l’élection présidentielle française peut dénigrer en les associant à une classe sociale privilégiée ignorant les réalités du monde et  s’en servant pour “acheter des œufs frais, le matin chez la fermière”.

La vannerie, l’osier sont des éléments de notre culture, Française, et plus largement, Ouest-Européenne, supports depuis toujours de savoir-faire extraordinaires, et d’une économie qui, pour petite qu’elle soit, n’en est pas moins vivace. Les mots ont un sens, et un impact. Si nous (ses acteurs, mais aussi tous les autres) savons parler de ce travail avec des mots choisis, en évitant toute dépréciation absurde ou aliénation passéiste (ah ! les vieux métiers), alors peut-être qu’un plus grand nombre de nos compatriotes, au delà d’une prétendue “élite”, sauront regarder la vannerie d’un œil neuf; peut être alors, avec le support de ce formidable outil qu’est l’Ecole Française de vannerie,  nous ne serons plus seulement 150 ou 200 professionnels de la vannerie dans l’hexagone, mais pourquoi pas deux ou trois fois plus.

Vannerie à Sainte-Eulalie d’Ans (Dordogne)

Posté le 28 septembre 2016

Je participerai le dimanche 09 octobre à la 14 ° éditions des paniers de Sainte-Eulalie (Sainte-Eulalie d’Ans, Dordogne, près d’Hautefort), journée d’exposition-vente regroupant les ateliers de vannerie de la région et quelques producteurs locaux. L’évènement accueillera cette année deux nouveaux ateliers: Sonia Maupas, de l’atelier anim’osier (Labouquerie, Dordogne), et Serge Mazaud (Voutezac, Corrèze). La plupart des vanniers présents feront sur place des démonstrations de leur savoir-faire.

des baskodenn en Allemagne

Posté le 28 septembre 2016

Je viens de passer une semaine en Allemagne où je me suis rendu en compagnie de Corentin Laval pour animer un stage de fabrication de baskodenn au musée de Dalhausen, dans le cadre de l’akademie flechtsommer, les 13 et 14 septembre, puis participer à la 37ème édition du Flechtkultur Festival de Lichtenfels les 17 et 18 septembre. Pour l’occasion, j’avais réalisé une série de vanneries bretonnes fabriquées sur le gabarit traditionnel: baskodenn dans les deux dimensions historiques, en osier ou à montants en fil de fer, sklissen en osier (photo).

baskodenn8.JPG

A Dalhausen, le stage comprenait le montage des gabarits que j’avais préfabriqués puis la réalisation de deux baskodenn en osier

dalhausen3.JPG

La vannière professionnelle allemande Kerstin Eikmeier installant les montants sur le gabarit

dalhausen4.JPG

Entraide entre les stagiaires au stade de la réalisation de la bordure, puis de l’anse, ces phases de travail étant les plus difficiles physiquement

dalhausen5.JPG

La photo traditionnelle devant l’entrée du musée de Dalhausen. Deuxième à gauche au second rang se tient Mai Hvid Jorgensen vannière professionnelle venue du Danemark.

Immense merci à Ursula et Hansgert Butterweck pour leur accueil mémorable. Les photos des stages de Corentin et moi-même, ainsi que des photos des autres stages de l’Akademie Flechtsommer sont disponibles sur les pages facebook suivantes:

akademie flechtsommer

Ursula et Hansgert Butterweck

Direction ensuite Lichtenfels pour ma première participation à la plus grande fête de vannerie européenne, parmi de nombreux vanniers réputés, comme l’allemand Rainer Groth, rencontré pour la première fois dans l’Est de la France en 2008, dont la qualité du travail suscite toujours mon admiration. Beaucoup de visiteurs, dont certains sont des vanniers de métier reconnus, n’hésitent pas à faire le voyage de loin; j’ai ainsi eu la joie d’accueillir su mon stand Michael Thierschmann (Allemagne), Roman Melnichenko (Tchéquie) ou Werner Turtschi (Suisse).

lefteris.jpg

atelier improvisé de fabrication de baskodenn avec le vannier allemand Lefteris Philippidis sur mon stand à Lichtenfels photo Laurence Guérinel

le vannier anglais Eddie Glew à l’atelier

Posté le 7 septembre 2016

J’ai accueilli pendant 4 jours du mois d’aout dernier le jeune et talentueux vannier anglais Eddie Glew. Eddie s’est formé à la vannerie avec son père qui était vannier de métier dans le style traditionnel anglais. Il évolue depuis quelques années vers des influences françaises, en particulier en travaillant avec la vannière anglaise Sally Goymer, qui s’est formée en France.

Eddie a souhaité travailler avec moi autour de deux thèmes principaux: la vannerie sur arceaux et la vannerie bretonne du Sud Finistère, en particulier les baskodenn et sklissen.

eddie1.JPG

Démarrage d’un baskodenn en osier sur le gabarit: piquage des montants, qui sont bloqués l’aide de chevilles, dans le petit fond vissé sur le mât central. On distingue à droite un panier terminé, et à gauche un autre devant être fini sur la sellette.

eddie2.JPG

Clôture à l’aide de gros osiers fendus.

eddie3.JPG

Finition à la nuit tombante (la température est plus clémente !) du deuxième panier sur arceaux en châtaignier et en osier.

eddie4.JPG

Clôture d’un sklissen.

eddie5.JPG

Positionnement des quatre poignées et épluchage. Les poignées traditionnelles du sklissen à maquereaux sont de type renforcées, elles ont fabriquées autour d’une âme indépendante.

eddie6.JPG

La pièce d’Eddie terminée réalisée en osier brut; à gauche un sklissen fabriqué il ya une dizaine d’années par le célèbre vannier breton Robert Loussouarn de Pont-l’Abbé.

l’osier en mai

Posté le 26 juillet 2016

En même temps que la végétation repart dans la plantation, aidée par des sarclages et la couverture du sol (feuilles mortes, déchets d’osier compostés, …) entre les rangs les plus sensibles à la sécheresse, les bottes d’osier disposées au routoir cet hiver se couvrent également de feuilles, fleurs et racines. Au mois de mai en général sous nos latitudes arrive la période du décorticage des brins, facilité par le développement entre bois et écorce des cellules cambiales, base de leur croissance. Avant de lancer le chantier de décorticage pour la production d’osier blanc, on peut tester simplement avec l’ongle que l’écorce se sépare facilement.

Mon osier favori pour la transformation et le travail en blanc a une histoire particulière. Il provient d’une oseraie, aujourd’hui disparue, cultivée dans la commune voisine de la mienne par feu le vannier Albert Bourdial, spécialiste du panier périgourdin auprès duquel de nombreux vanniers d’exception sont venus se former à ce style: David Drew, Alastair Heseltine, Norbert Faure et d’autres. Cet osier d’origine inconnue, dont j’ai tendance à penser qu’il s’agit d’un hybride triandra x viminalis tant il associe des caractères des deux espèces (mais il faut se méfier des déterminations hâtives avec les saules) a des propriétés mécaniques extraordinaires à la fois en blanc et en brut. Nous avons, avec d’autres vanniers et osiériculteurs, en particulier à Villaines les Rochers où de grandes surfaces en sont aujourd’hui cultivées, décidé de donner le nom de Bourdiala à cet osier, en hommage à celui qui le cultivait autrefois.

osier5.JPG

démarrage de végétation en mai 2016

osier6.JPG

démarrage d’un rang d’osier nouvellement planté sous mulch de feuilles mortes

Ma vielle décortiqueuse étant passablement fatiguée et nécessitant des travaux de rénovation que je n’ai pas eu le temps d’effectuer, j’ai cette année écorcé une douzaine de bottes de bourdiala à la main. Il est facile d’improviser un ciroir à l’aide de deux fers ronds fichés dans un piquet de bois. Le travail est évidemment plus lent mais beaucoup plus précis qu’à la machine et peut suffire à ma fabrication largement orientée vers l’osier brut.

pelerie1.JPG

chantier de décorticage manuel avec un petit routoir au deuxième plan

pelerie2.JPG

détail du ciroir équipé ici d’un collier dont la position permet de régler la raideur du dispositif

un reportage dans l’émission de télévision “silence, ça pousse” sur France 5

Posté le 25 avril 2016

Un très beau reportage m’est consacré dans l’émission de France 5 “Silence ça pousse” diffusée le vendredi 29 avril dernier.

Lien vers la vidéo en ligne (début du reportage à 9 min 13 s)

L’équipe de tournage, composée du réalisateur Christophe Bourges et du caméraman Bruno Roy a passé la journée du 22 mars dernier à l’atelier pour tourner un reportage de 6 minutes destiné à l’émission Silence, ça pousse animée par Caroline Munoz et Stéphane Marie sur France 5.

En préambule à notre participation commune aux Abilympics de Bordeaux (voir article), la vannière ardéchoise et amie Emilie Rouillon, venue me rejoindre la veille pour quelques jours de partage et de travail en commun, sera également devant la caméra. Emilie, vannière confirmée, a obtenu en 2015 le premier prix national du concours Ateliers d’Art de France.

emilie.JPG

Emilie au travail devant l’atelier sur un support de plantes grimpantes

dernières fabrications

Posté le 25 avril 2016

J’ai consacré une grande partie de ces dernières semaines à la fabrication d’environ 80 vanneries destinées aux deux sociétés japonaises qui font régulièrement appel à mes services. Encore une fois la difficulté a résidé plus dans le fait de préparer les matériaux dans les délais - je ne chauffe pas mes bains de trempage et certaines des variétés utilisées pour ces pièces nécessitent de l’ordre d’un mois complet de trempage en période hivernale - que dans la fabrication proprement dite.

japan2.JPG

japan.JPG

japan3.JPG

vanneries à destination du Japon et travail (parfois fastidieux) de colisage packing and shipping baskets to Japan

un bel article dans Sud-Ouest le Mag

Posté le 25 avril 2016

Un très bel article décrivant mon travail a été écrit par Valérie Dechaut Geneste dans le supplément magazine du journal Sud-Ouest du 16 avril dernier. Outre son travail de journaliste, Valérie a crée à Bordeaux la galerie des Sélènes, spécialisée dans la céramique contemporaine; elle a une connaissance fine de ces métiers qu’on appelle souvent métiers d’art et a su précisément traduire en mots la teneur quotidienne de mon travail: la recherche de la simplicité, le goût de la répétition, …

Au passage concernant les métiers d’art, puisqu’au titre de l’arrêté du 12 décembre 2003, la vannerie fait partie des “métiers de l’artisanat d’art”, lire éventuellement le très bon livre d’Anne Jourdain, tiré de sa thèse de sociologie et intitulé du coeur à l’ouvrage, les artisans d’art en France, éditions Belin, ISBN 978-2-7011-8988-8

sudouest2.jpeg

sudouest1.jpeg

correction: contrairement à ce qui est indiqué en tête de l’article, je cultive de l’osier à proximité de mon atelier de Lacropte, et non à Issigeac

quelques rendez-vous

Posté le 30 mars 2016

Les Abilympics à Bordeaux

J’étais ces derniers jours à Bordeaux, à l’invitation du vannier girondin Vincent Castaneira, pour encadrer l’épreuve de vannerie des Abilympics, rassemblement mondial des métiers des personnes handicapées. Le concours de vannerie - une partie technique et une partie créative - regroupait 15 candidats venus d’une douzaine de pays sous le regard de 5 juges dont Vincent était le président. J’ai opéré en tant que traducteur et chef d’atelier, au plus près des vanniers dont l’engagement, par delà les handicaps de toutes natures, m’a beaucoup impressionné. Difficile de ne pas être ému par exemple par Dmitrij, jeune vannier russe aveugle et presque débutant (cinq mois d’entrainement) qui fabrique un plateau en lacerie d’une qualité étonnante, par la science  d’Oknyu, vannière de Corée de Sud, l’engagement physique permanent de Pi Chen, vannière taïwannaise, ou la ténacité de Boloorma, vannière de Mongolie.

abilympics.JPG

Présentation des pièces réalisées par les participants dans le cadre des deux épreuves en temps limité. Simultanément au concours, une équipe de 7 vanniers professionnels français a travaillé à une oeuvre collective et organisé une exposition de pièces personnelles. L’école de vannerie était aussi représentée; la densité de ce pôle vannerie a manifestement interpellé le nombreux public.

Prochaines expositions, avril et mai 2016 (voir également la page des évènements)

  • dimanche 03 avril prochain à Blésignac (Gironde) dans le cadre de la fête des plantes
  • dimanche 10 avril à Magnac Laval (Haute-Vienne) pour la fête ds jardins, pendant laquelle j’animerai un atelier de fabrication de supports de plantes
  • samedi et dimanche 30 avril et 01 mai aux jardins de la Brande (Fouleix, Dordogne)

Rencontres autour du Saule de Bouxurulles (Vosges) du 03 au 08 mai

J’animerai à Bouxurulles, dans le cadre du festival qu’il n’est plus nécessaire de présenter, une série de trois ateliers aujourd’hui complets, mais il reste des places pour les stages animés par Carlos Fontales et Lois Whalpole.

flyers-a5.jpg

flyers-a52.jpg

coupe de l’osier

Posté le 31 janvier 2016

Après avoir coupé mon osier pendant une douzaine d’années à la main, je me suis équipé d’un dispositif de coupe classique composé d’un motoculteur et d’une barre de coupe. Il a fallu se familiariser avec ce type de matériel inconnu pour moi et je tiens à remercier particulièrement l’immense vannier Roland Séguret, de la coopérative de vannerie de Villaines, qui m’a proposé une démonstration de coupe pendant l’hiver 2015, je remercie également le vannier vosgien Régis Colin qui m’a transmis de précieux clichés du matériel de coupe qu’il a lui-même mis au point.

Je tiens à rappeler ici que je ne produis de l’osier que pour mes propres besoins et qu’il est inutile de me consulter pour en acheter.

dsc05878.JPG

coupe de l’osier à Lacropte avec le vannier corrézien Serge Mazaud photo Cathy Prigent

dsc05874.JPG

résultat de la coupe mécanisée, évidemment beaucoup plus rapide qu’à la main mais qui nécessite une deuxième étape de recépage des souches

dsc03855.JPG

transport des bottes jusqu’à la grange de tri

tri.JPG

tri en cours de la grisette, bottes de purpurea déjà trié à l’arrière plan

img_0955.JPG

coupe dans les oseraies de Roland Séguret en février 2015 en compagnie du vannier Adrian Charlton